La liste (premier chapitre)
- celine847
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- 23 déc. 2025
- 23 min de lecture

1- Le Carnassier
Ella, blonde, une taille de guêpe, de longues jambes fines, une poitrine OML (Oh. My. Lolo !), des yeux pétillants, une bouche sensuelle à souhait. En bref, et en résumé : Ella, la bombe sexuelle de service.
Ella est l’assistante-architecte qui bosse derrière le bureau en face du mien. Mon exact opposé. En tout point. Sauf pour le poste : nous avons le même, mais si vous voulez mon avis, nos performances ne sont pas comparables... J’y reviendra (du verbe reviendre, bien sûr) dans quelques lignes.
Lilou, brune, une taille de bourdon, des petites jambes de randonneuses, une petite poitrine SCMA (Sans. Commentaire. Mon. Amie !), des yeux marron classiques, une bouche fine. C’est moi (la fille qui se marie en maillot de bain). En bref, et en résumé : pas du tout celle qui se fait sauter tous les samedis matin par le directeur.
Contrairement à Ella.
Et quand on parle du loup, la voilà qui débarque en talons aiguilles, joupe rouge ras la foune. Je dis joupe car vu la tronche de sa jupe, ce n’est pas taillé pour son cul, mais pour ses joues. Un déhanché presque au ralenti. En gros, pour bien situer le truc, chaque matin, le silence règne, seul le bruit de ses talons Loup Bouctin (comme je les appelle même si ça ne veut rien dire) résonne sur le sol. Elle s’avance telle une reine éternelle, et tous les regards sont braqués sur elle. Par tous les regards, j’entends celui du directeur derrière son bureau vitré et le mien. Lorsqu’il est là, du moins, ce pervers de boss. (Oui, c’est un pervers, y a pas d’autres mots pour le définir, enfin si, mais j’y reviendra (encore).)
On parlait d’Ella. Aujourd’hui, je suis seule à l’observer.
Ses collants fins n’ont aucune maille filée. Moi, quand j’en enfile un, j’ai un trou direct que je colmate avec du vieux vernis transparent ! Ouais, le truc débile, je ne sais même pas si ça sert à quelque chose, mais j’ai toujours fait comme ça. Elle n’a pas froid, en tout cas. Un petit veston noir et un chemisier blanc terminent sa tenue parfaite. Ella la parfaite. La parfaite petite garce, oui !
Alors oui, oui, oui, on peut éventuellement tomber d’accord sur l’idée que je puisse jalouser cette pouffe sur échasses. Bon, d’accord, on peut aussi virer le éventuellement ! OK, mais pour une bonne raison : elle me hait depuis que je suis arrivée à mon poste de secrétaire dans le cabinet d’architectes Vos rêves immobiliers, notre projet... Elle était déjà là depuis un an, seule à son poste, mais de ce que j’en ai compris, elle ne suffisait pas. Ce qui ne lui a pas du tout plu. Je peux comprendre, je serais aussi vexée si la seule raison de mon non-licenciement se trouvait être mon vagin, mais passons, elle le veut bien aussi, hein.
Revenons-en à son déhanché de gazelle. Elle tord du cul, pensant sans doute la route pas droite, voire carrément sinueuse, et je n’arrive jamais à détourner mes iris de son fessier. Aucun amalgame, je suis juste jalouse de son boule de déesse. Franchement, ce n’est pas pour dire, mais quand le créateur ou qui que ce soit qui nous a foutus ici (ouais, y a quand même bien un responsable quand on y pense) eh bien, la justice n’était visiblement pas son dada. Tu as les plastiques plus que trop parfaites et les moches. C’est subjectif, mais quand même une réalité du terrain ! Bon, OK, entre les deux tu as les gens dans la moyenne. Ni beaux ni moches, selon l’angle, le point de vue et la luminosité. Pourquoi on a tous sa photo de profil avec la bouche en cul de poule et la tête penchée ? Dans la moyenne, je vous dis !
Reparlons un peu de la plastique parfaite.
Sans un sourire, elle s’assoit à son bureau après avoir retiré et déposé sa veste sur son portemanteau personnel. Oui, madame a demandé un portemanteau personnel. Je suppose qu’en couchant, c’est une chose que l’on peut facilement obtenir en échange d’une petite pipe. J’dis ça, j’dis rien ! Jalousie, le retour.
Pour un portemanteau, Lilou ? Sérieux ?
En plus, je doute qu’elles soient petites ses pipes et... merde, la jalousie débile revient.
Je dois avouer un truc. En arrivant ici, j’ai eu direct un gros crush (j’crois que c’est comme ça qu’on dit maintenant quand on rosit sexuellement en matant, hein ?) sur mon patron. Le beau mec qu’il est m’a envoûtée, mais alors version 2500 au-dessus des mers, ce qui ne veut absolument rien dire, mais on s’en fiche : j’étais raide dingue de lui. Toutefois, j’ai vite déchanté lorsque je me suis rendu compte qu’il enchantait toutes les chaudières[1] de la ville. Je ne suis pas une chaudière, loin de là, ça a donc refroidi mes ardeurs. Torride, pourtant. Je l’imaginais me faire ce qu’il fait régulièrement à ma chère et tendre collègue, et j’en avais des sueurs froides ou chaudes, très chaudes, selon le point de vue du truc. C’est passé. Promis ! Maintenant, ce type me répugne juste. (Je lève la main droite et je le jure, beurk beurk et re beurk).
Recentrons-nous sur la blonde montée sur échasses. C’est donc une teigne. Je ne suis pas simplement jalouse de ses coïts sauvages et débridés, non, je suis aussi folle de rage de devoir me taper (oh grands dieux, je ne voulais pas dire ça comme ça), ou tout du moins supporter cette furie cinq jours par semaine. Les années lycée sont loin derrière nous et pourtant j’ai souvent l’impression de n’avoir jamais quitté l’enceinte du mien. Et comme autrefois, je suis la proie. Elle, c’est le chasseur. Super ! Vie de prout, bonjour !
— Salut la Brunasse ! s’exclame Ella. T’as encore bien dormi, vu ta gueule de déterrée. Bon, bouge-toi le fion, on a quatorze dossiers clients à préparer pour ce soir, un million de photocopies, ça, je te laisse gérer, j’ai une nouvelle manucure, ça me gonfle ces trucs. Et y a une sortie restau demain midi avec Christopher. Ça, je m’y colle. Ensuite, j’ai vu qu’hier tu avais oublié d’éteindre ton ordi en partant, franchement, j’suis sympa, je l’ai éteint pour toi. La photo par contre en fond, ne te met, mais alors paaaaas du tout en valeur. Remarque, je ne dis pas ça pour être méchante, mais…
Stop ! Vous avez remarqué que lorsqu’on dit un truc pas pour être méchant, ce n’est pas pour être gentil non plus ? Moi, oui. Cette expression me gonfle, mais alors à un point !
On enchaîne :
— Au fait, si tu te fais couler un café, j’en veux bien un, mais alors mollo sur le dosage, la dernière fois, je ne sais pas comment t’as géré la dosette, mais il était infâme...
Rires sous cape* avec plein de confettis étoiles. ***
Bon, je n’ai pas entendu ce qui suivait son « mais » et je m’en fiche. Je ris toute seule. En silence. La dernière fois, j’ai utilisé une vieille dosette usagée et j’ai allongé le truc avec de l’eau. Ioups[2]. (Ne cherchez pas, c’est pas dans le dico du tout)
Mouahaha, rires de sadique et regard de tueuse en série avec toujours plein de confettis étoiles. ***
Et la voilà qui continue son speech.
— Bon, alors, la molle du cul, tu te bouges ou bien tu comptes prendre racine ? J’ai passé un week-end, mais alors, affreuuuxxxx ! Pense à virer ta photo moche, ça fait mal aux yeux. Même si je ne suis pas certaine que ça vienne de la photo...
Vous savez quoi ? Je ne l’écoute déjà plus. C’est comme ça chaque matin. Les yeux fixés sur l’ordinateur, en vrai, j’ai envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. Je tiens bon, mais chacune de ses morsures me blesse profondément. Ça ne devrait pas et pourtant, elle tape toujours où ça fait mal. Toujours. J’ai beau me venger à petites doses, elle gagne vraiment à chaque fois.
Le Carnassier, je l’appelle, en général.
Elle porte bien son nom, je trouve. Alors en carnassiers, on trouve le tigre et le lion, mais c’est trop noble pour elle. Il y a certains insectes à mandibule. Voilà, Ella est un insecte à fortes mandibules. On s’en fiche desquels, un insecte reste un insecte[3]. C’est moche et ça fait flipper. En tout cas, moi je trouve ça laid, et je flippe, et je me perds en mots inutiles, je me reprendddds !
Le patron, Christopher n’est pas encore arrivé. Il faut dire que ce n’est pas un lève-tôt, et les horaires, il s’en tape comme des marques de politesse basiques, d’ailleurs. Oui, mon patron est un blaireau, mais ai-je besoin de le préciser ? Peut-être un peu plus tard, car le Carnassier n’en a apparemment pas terminé avec moi. La plaie ! Le pire, c’est qu’en ne répondant pas, elle continue ! Elle ne se rend même pas compte que je n’entends plus qu’un vague blablabla. J’ai enfoncé mes écouteurs dans mes oreilles et la musique a envahi mon espace. J’aime les chansons d’amour principalement, et je ne me prive pas de m’abreuver d’une musique plus douce que la langue de vipère[4] en face de moi. Je zieute également mon portable, un SMS de Raphaël me tire un sourire :
L’homme de ma vie (soit Raphaël) : Souris belle brune, le Carnassier ne t’aura pas aujourd’hui. Imagine-la sur ses WC, beaucoup moins glam’, hein ?
Raphaël est mon meilleur ami depuis le collège. Pas de fixette sur l’idée qu’il soit le beau mec canon qui me sortira de ma tour où le dragon me retient prisonnière : il est beau, canon et malheureusement gay. Il aime les hommes, les zizis et tout ce qui se rapporte à la masculinité. Son genre d’homme : brun, sensible, romantique, intello à lunettes et fidèle. Oui, il croit au grand amour, mais c’est à croire que le grand amour ne croit pas en lui. Ni en moi, d’ailleurs. Le salaud. Bref, (Baste, Revenons En aux Faits), Raphaël est presque le seul homme dans ma vie, mon géniteur ayant pris la tangente à ma naissance et mon ex ayant décidé d’imiter celui-ci à mon début de grossesse, l’enfoiré de sa maman ! J’ai tout de même la chance d’avoir un père adoptif que j’appelle papa depuis mes six ans. Il est génial. Je l’adore, c’est mon papounet grincheux d’amour. Il grinche plus qu’il ne mord. Je l’adore. Voilà tout.
J’en annonce beaucoup là, non ? Eh oui, j’ai trente ans, je suis maman d’une petite merveille de dix ans, pas du tout le genre de pré-ado brise-noisettes. Sarah est une exception, mon rayon de soleil, la prunelle de mes yeux, ma raison de me lever le matin et de me coucher le soir. Hyper raisonnable, sage et ordonnée : mon contraire en tout point de vue également. Malheureusement pour moi, elle a toute la tronche de son géniteur : des cheveux châtain foncé, des yeux bleus, une petite fossette au menton. Une magnifique jeune fille. Oui, je le pense aussi : la nature est blagueuse : je me tape neuf mois de grossesse sans le donneur de sperme, un accouchement aux côtés d’une sage-femme qui m’a jugée huit fois en deux minutes, quelle conne celle-là aussi ! Et ma fille ressemble à son bâtard de géniteur qui a estimé que je n’étais pas assez bien génétiquement parlant pour porter ses enfants. Ce sont ses dernières paroles avant son abandon, pas les miennes. D’où les pseudos larmes face à la réplique du Carnassier, je n’aime pas trop mon physique. C’est plus fort que moi. Il m’a traumatisé cet enfoiré. Qui abandonne une femme pour cette raison alors que celle-ci s’apprête à t’offrir le plus beau cadeau au monde ? Lui, apparemment. Et tant d’autres enfoirés du bulbe...
— La Brunasse ? Eh ho ! Tu m’écoutes ? Christopher aura du retard.
Je retire mes écouteurs. Elle a parlé plus fort, j’ai entendu et elle m’agace :
— Oui, j’ai entendu. Je ne suis pas sourde !
— Ben, réponds au lieu de me faire perdre mon temps.
Un merveilleux début de journée, donc. Elle appelle sa meilleure amie et bavasse une heure tandis que je trime comme une tarée pour rattraper le retard accumulé à cause de ses nombreuses pauses téléphoniques quotidiennes. Pause ? Non, elle pause ses appels pour travailler cinq minutes... ouais. Mais vu que madame est intouchable... Enfin intouchable... Façon de parler, hein ! Vu qu’elle n’a rien à craindre, elle n’en branle[5] pas une. Oui, et si le boulot n’est pas fait, c’est moi qui ramasse. Je ne pipe pas, moi, du moins pas mon boss, mais ai-je besoin de préciser que c’est l’une des raisons qui explique qu’il me hait ?
Ce n’est que vers 11h que Bigboss, comme je l’appelle, daigne arriver. Pas un bonjour, juste un regard de connivence à Miss Chatte en chaleur (on sait de qui on parle là, hein...) et la voilà sur ses pas.
Elle ne va pas oser, me direz-vous ? Eh ben si, suivez-la des yeux et vous verrez.
La porte se referme brusquement sur eux. Je crois travailler dans un bordel. Je suis où là, moi, en fait ? Les stores désormais fermés, madame se fait visiter l’intérieur sans sommation. Les préliminaires relégués au rang de souvenir, la voilà à prendre son pied comme personne.
Comment je sais ça ? Les cris de goret que pousse Ella, et les râles bestiaux de notre porc[6] de patron ne laissent aucun doute à ce sujet. Elle n’essaye même pas d’être discrète en plus ! Les coups de reins pleuvent, ses cris se déchaînent. Je suis cramoisie de honte, alors que je n’ai rien à me reprocher. C’est vrai, quoi, je n’ai rien fait, moi... Alors pourquoi j’ai l’impression d’être une ado qui regarde un porno en cachette de ses parents ? Merde. Si un proche apprend ce que je viens de dire, je n’ai jamaissssssssssss fait ça[7]...
Autant aller faire un tour dehors en attendant que la sauterie se termine. Non, mais c’est vrai, quoi, si je veux entendre ou voir du porno, je sais où chercher ! En vrai, non. Je ne regarde pas de films x et je ne sais pas quels sites en proposent et merde, je n’ai pas à me justifier. Je radote en plus, je l’ai déjà dit.
J’attrape ma veste, l’enfile, noue mon écharpe de maternelle (elle a deux pompons…) autour du cou (mais au moins, je n’aurai pas froid, moi !) et me dirige vers l’ascenseur. J’appuie sur le bouton d’appel à l’instant où les portes s’ouvrent. Surprise, j’ai à peine le temps de me décaler qu’un homme en sort, apparemment pressé comme une gazelle coursée par un léopard castré. Je bougonne dans ma barbe que le grand manitou n’est pas disponible, mais il est déjà devant sa porte. Il ne m’a même pas calculée. Peu importe, j’en ai marre des cons aujourd’hui, j’ai eu ma dose ! J’entre à mon tour dans la cabine. J’appuie sur le bouton du rez-de-chaussée, les portes se referment, mais comme d’habitude, elles merdouillassent (du verbe merdouillasser) et s’ouvrent deux fois avant de se refermer. On attend le réparateur depuis la semaine passée à ce sujet, et à croire qu’il arrive de Chine à vélo ! Bref, les portes se referment finalement, mais une main s’immisce dans la cabine en dernière minute, ce qui a pour effet de les rouvrir. Je vous raconte le mécanisme d’un ascenseur avec tellement de professionnalisme que je me demande si je ne devrais pas en faire mon métier, au bout du compte, hein ? Donc, les portes rouvertes, je suis encore bloquée à mon étage. Le type me regarde et j’en fais autant. Il faut dire que je suis tellement énervée que je n’ai pas vraiment prêté attention à lui lorsqu’il m’est passé devant. Un bel homme, je dois le dire. Aussi beau que Bigboss, la trentaine qui court sur la quarantaine également. Ses cheveux noirs ébène sont impeccablement coiffés et je devine un corps musclé sous ce magnifique costume qui a dû lui coûter trois mois de salaire, si ce n’est plus. En résumé et sans me dévaloriser : je ressemble à Lisa dans le destin de Lisa[8] avant sa transformation en bombe atomique, et lui à David, le boss, en mieux. En gros, pour vous situer mon degré de mochattitude (oui !) du moment. Lui non plus ne dit rien. Même pas bonjour. C’est la journée du saint-trouduc[9], apparemment. Je me lance :
— Vous aviez rendez-vous ?
— Non.
Son ton est sec. Il n’a pas dû apprécier la blague. Moqueuse malgré moi, je rétorque :
— La surprise a dû être de taille.
— Vous auriez pu me prévenir.
Son ton est toujours aussi cassant. J’aurais dû le prévenir de quoi, au juste ? Que mon chef se tapait la secrétaire dans son bureau ? J’imagine qu’il a frappé avant d’entrer, et je dois bien avouer que je ne suis pas mécontente d’imaginer qu’on puisse les prendre en flagrant délit, ces deux-là. Je suis quoi, moi ? La gardienne du bordel ? Non, mais ça va pas, non ? Ouais, autant jouer la débile jusqu’au bout, je crois.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Apparemment, il n’a pas le sens de l’humour...
— Je parle du fait que le patron rejoue un remake de Jacquie et Michel dans son bureau. Bureau que j’ai ouvert, vu que personne ne répondait lorsque je frappais, me retrouvant ainsi face à une tailleuse de pipe hors norme. Voilà de quoi je parle ! Nom d’un chien !
La vache, j’hallucine !
J’étais cramoisie ? Me voilà violette, aux abords de l’asphyxie. Pour ne pas paraître plus stupide que je ne le suis, j’enchaîne en tentant de masquer mon air ahuri :
— Faut dire que ces deux blaireaux se comportent comme des animaux assez régulièrement.
— Blaireaux ?
— Deux cons. Oui.
Ce n’est pas mon habitude de tailler mes collègues et/ou mon boss à voix haute et devant de parfaits inconnus, mais là, j’ignore pourquoi, j’ai la confiance aveugle. Ou tout du moins, je m’en bats les steakos[10].
— Mon cousin sait que vous le traitez de blaireau devant de potentiels clients ?
Confiance aveugle ? Aveugle, sourde et muette, oui !
J’étais violette aux abords de l’asphyxie ? Je suis décédée, actuellement aux portes des enfers.
Meeeeeeeerdddddasssssssssommmm[11] !
Nos bureaux sont situés au treizième. Le rez-de-chaussée atteint, je n’ai absolument pas ajouté un mot depuis le dixième étage. Et croyez-moi, être enfermée avec cet homme dans un cagibi à peine plus grand qu’un ascenseur... (qu’est-ce que je raconte encore moi ? C’est plutôt l’inverse, mais je suis mal, là, alors ça se comprend...) Je fixe les portes, comme si j’allais pouvoir mentalement les ouvrir plus vite, tel un cheval[12] dans les starting-blocks et m’engouffre à l’extérieur dès qu’elles s’ouvrent. Objectif personnel : mettre le plus de distance entre nous.
Le cousin de la Burne chaude...[13] Merveilleux !
Petite parenthèse : oui, ça, c’est le deuxième surnom que je lui donne, quand il saute tout ce qui se présente à lui. J’aurais dû remarquer, bordel, qu’ils se ressemblaient quand même un peu ! Bigboss a le teint légèrement plus blanche-fesse que son cousin, mais la ressemblance est frappante ! Surtout maintenant que je sais, entre nous. Je vais perdre mon boulot, et si je perds mon boulot, je fais quoi, moi ? Je suis débile, débile, débile ! Je devrais apprendre à la fermer, tiens ! Ce n’est plus à démontrer, vu toutes les boulettes que je peux faire dans ma vie. La preuve, la semaine dernière, j’ai donné quatre billets de vingt euros à une caissière, elle m’a rendu plus que je lui avais donné. Le pied, hein ? Ben non. Moi, je lui ai dit qu’elle avait fait une erreur. Ouais, c’est honnête. Ouais, elle a peut-être eu une dure journée ou son mec l’a larguée comme une pauvre girafe estropiée, ou que sais-je encore, son fils lui a peut-être vomi dans les yeux... Ouais, j’ai été honnête et j’en suis fière, moi madame ! Je m’énerve un peu, car en fait, je me hais d’avoir ouvert ma mouille[14]. En vrai, qui dit que j’ai l’envie de l’être, vraiment ?! Surtout que cette gourdasse a scanné deux fois un mascara au lieu d’un ! Et que j’ai apparemment oublié ledit mascara au magasin. J’y suis retournée... Je l’ai eu dans l’os. Fin de la « petite » parenthèse sans parenthèse.
Ps : Ben, fuck le magasin, je n’y retournerai plus jamais.
Mon téléphone sonne, je ne pense plus à mon mascara ni au reste, j’y jette rapidement un œil.
L’homme de ma vie : Je t’aime, tu sais.
— Qu’est-ce que c’est mignon, un homme amoureux, plaisante le cousin de Burne chaude par-dessus mon épaule.
Non, mais je lui demande, moi, de lire mes SMS ?! Connard ! Virée pour virée, de toute manière, j’embraye la seconde :
— Dans la famille Blaireau, je choisis le cousin ! Bonne pioche, famille au complet !
Et je le laisse en plan. Je n’ai plus que quelques heures avant de me retrouver sans emploi, une fille de dix ans à élever. Et merde. Autant ne pas y penser. On verra bien.
L’air extérieur rafraîchit directement mon visage. On se caille les ovaires ! C’est l’Alaska ou quoi ?! Pourtant, on est à Lyon, en France et si ça vend moins du rêve, j’aime beaucoup cette ville. Tout est accessible en tram ou en métro, et un coup de voiture suffit pour atteindre la campagne. Oui, Lyon est la ville presque parfaite pour moi. Je dis presque, car il me manquerait juste l’océan et des hommes pas trop concons... Pour ce dernier manque, je pense que chaque ville serait presque parfaite...
Alors que je pense géographie pour transporter Lyon vers Bordeaux tant j’aime l’océan, le cousin de la famille Blaireau sort s’en griller une, apparemment. Et ne trouve-t-il pas judicieux de se positionner à mes côtés, comme si nous avions gardé toute l’étable ensemble[15].
— Il fait toujours aussi froid chez vous ? demande-t-il en allumant la clope positionnée entre ses dents.
Son ton est tout de suite plus avenant, mais je grince des dents. Le cousin de Bigboss, sérieux, je ne vais pas m’en remettre... C’est vrai quoi, les probabilités étaient de combien ?! Je n’en sais foutre rien, car je ne suis pas statisticienne. D’ailleurs, je ne suis plus trop grand-chose, vu que je suis sans doute presque virée. Alors je pourrai le devenir, qui sait !? WO, deux plans de carrière en moins de dix minutes !
Réponds-lui, toi aussi, là ! On dirait un paresseux ! Ouais, c’est un animal aussi. Il a l’air con. Comme moi.
J’aime bien me botter mentalement les fesses… alors je m’autoécoute :
— Ouais, c’est pour ça que BigBoss se réchauffe comme il peut.
Il laisse échapper un rire, je lui jette un coup d’œil curieux. C’est qui ce type, à part le cousin de Burne chaude ?
Suivez l’action, car je ne vois rien venir ! Au culot, j’attrape sa clope, en tire une taffe et la lui rends. Merde, j’ai arrêté de fumer onze ans en arrière, quand j’ai appris ma grossesse. C’est malin ! Je reprends tout de même sa clope, tire une autre latte dessus, puis l’écrase dans le cendrier avant de rentrer à l’intérieur, sans me préoccuper de son « non, mais sérieux ? » à peine audible. Peu importe qui il est, je suis futurement[16] virée et je me hais pour ça. Je retrouve mon bureau, la pipeuse professionnelle est de retour au sien, comme si de rien n’était. Je ne comprends pas qu’on puisse prendre son pied en se sachant écouté, mais je dois être simplement en marge d’une société sexuellement débridée... moi la pauvre frustrée de la miche... Le Carnassier attaque, au culot, sans crainte aucune :
— T’étais où ?!
Imaginez un raton laveur enragé, couplé à un pitbull aux testicules enflammés. Comment une nana aussi sexy peut paraître aussi antipathique ? Même le père Noël n’en voudrait pas sur ses genoux. Beurk, je me fiche des images en tête horrible sur la barbe blanche et elle. C’est moche. Je salis même Noël. Ho. Ho. Hoooo.
— Oh la gourdasse ! Je te cause ! Tu étais où ?
Ne me demandez pas ce qui se passe en moi pour que je lui réponde ce que je m’apprête à lui répondre...
— Pas dans ton cul en tout cas, moi.
C’est le problème quand on pense qu’on va se faire virer, on dit n’importe quoi. Ses deux sourcils parfaitement épilés se froncent, je vais prendre cher. Elle ouvre sa bouche pulpeuse, je sors le paratonnerre invisible, mais sauvée par le gong ! Un type débarque devant son bureau ! Et devinez lequel ?!
— Bonjour, je viens voir Mr Kreys.
— Et vous êtes ? demande-t-elle au cousin de la Burne.
C’est gagné ! dirait Dora l’exploratrice[17].
— Son cousin.
— Mr Williams ! Enchannnnntééééée, minaude-t-elle sans retenue aucune.
Ses deux seins semblent vouloir danser avec le nez et la bouche de Blaireau 2e du nom (Le cousin).
— Mr Kreys va vous recevoir, par ici, s’il vous plaît, rajoute-t-elle en lui ouvrant la porte du grand bureau, comme je l’appelle, ou du baisodrome comme je devrais plus raisonnablement le nommer.
Mr Williams me jette un coup d’œil rapide et me sourit. Sourire que je ne lui rends absolument pas. Je me contente de rassembler quelques-unes de mes affaires. Travailler ici avec un chef plus con que d’habitude, car au courant de ce que je pense de lui, jamais je ne pourrai. Il va me briser ! J’en supporte déjà pas mal, je trouve. Ella reprend son job de Ella la fouineuse, aussitôt la porte refermée :
— Tu fous quoi, là ?!
— Un peu de ménage, bien que cela ne te regarde pas une seconde, je réponds.
— Ne crois pas que je n’ai pas retenu ta réplique de...
— Mademoiselle Durant ! s’écrie Bigboss.
Oui, je m’appelle Lilou Durant. J’ai le prénom doux comme du miel et le nom le plus commun de France, ou presque. Je sursaute. Sa voix se veut sèche. Tu m’étonnes, Simone ! Allez, en avant Guingamp, c’est parti pour la déconnade. Hors de question de me laisser faire par contre, car je ne regrette absolument pas mes mots. Je ne me rabaisserai pas à des excuses. Jamais ! Ella jubile et ne rajoute rien. Elle sait très bien ce qui m’attend. Brimades, humiliations. Comme d’habitude.
— Bonjour, Mr Kreys, murmuré-je en débarquant à leurs côtés.
— Bonjour ? Il est presque midi, faudrait vous mettre au travail plus tôt, se dire bonjour si tard, ça m’inquiète... attaque-t-il. Bon, passons, je plaisantais. Je tenais à vous voir pour une bonne raison.
Canard. Sac à caca. Tête de feux.[18] Préciser qu’il plaisante pour ne pas passer pour un p’tit zizi aux yeux de son cousin, alors qu’habituellement, je suis la pire des crottes pour lui, non, mais je rêve !
— Monsieur, avec tout le respect que je vous dois...
Alors là, c’est la cerise sur le clafoutis ! Pourquoi je lui dis ça, moi ? Monsieur, avec tout le respect, mes fesses, oui ! Mais il en rajoute immédiatement une couche, coupant ainsi court à ce que je ne sais même pas que j’allais dire... Sans doute tout un tas d’inepties. Encore.
— Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je vous garde uniquement par pitié.
Salopard de mes trompes de Fallope, oui [19]!
Quelle pitié ?! C’est ce que je lui demande. Il soupire tandis que Blaireau 2e du nom dissimule un rire silencieux. Je suis une grenade prête à dégoupiller, et lui se marre !
— Ella est sans arrêt obligée de passer derrière vous. Vous n’êtes pas efficace. Je pensais vous licencier d’ici peu, mais mon cousin aurait apparemment besoin de vous. Il me semble que vous avez une enfant à élever, perdre votre travail ne me paraît donc pas la bonne période. Ce serait un compromis idéal. Qu’en dites-vous ?
Je bouillonnasse dans ma tête de connasse... J’ai bien entendu ce qu’il vient de me dire. La pensée de me retrouver sans logement avec mon trésor m’oblige à fermer mon clapet. Enfin, la théorie voudrait que ce soit le cas. Mais que nenni, j’explose toute ma haine accumulée en un an :
— Bosser pour un blaireau était déjà pénible, mais m’en taper un deuxième comme vous, non merci ! Autant me faire arracher le clitoris avec les dents, tant qu’à rester dans le thème du bureau ! Je démissionne ! Blaireau !
Son air sidéré me satisfait. Même si ce que je viens de faire est en totale opposition du bon sens qui m’obligeait jusque-là à serrer les dents, encaisser et me taire : j’ai une enfant à élever ! Trop tard. Il regarde son cousin, j’attends la sentence. Puis, il explose de rire.
Hein ?! Je fais un AVC et j’ai dit l’inverse que ce que je pensais ? Je parle une langue étrangère ? Je dis n’importe quoi ? Quoi ?! Pourquoi il se marre cet abruti ?
— Tu n’en loupes pas une Roman, pour me faire chier, vieille carne ! Vous m’avez bien eu tous les deux ! Bravo. Franchement, chapeau, je ne pensais pas que vous saviez si bien jouer la comédie...
Blaireau 2e du nom me fixe un instant. Je voudrais ravaler mes mots et m’étouffer avec. Je dois garder ce job, à tout prix ! Il sort son portefeuille et ouvre sa bouche d’enfoiré :
— Tenez vos cent euros, bravo, c’était une belle interprétation, enchaîne-t-il en me tendant le fameux billet.
Sans rire ?! J’attrape le billet, je ne suis pas non plus débile, autant se faire un extra. Ça lui apprendra à se moquer de moi ! Mouais, je sais que je vais devoir le lui rendre, mais tenir un billet de cent euros dans les mains est une première et je m’en délecte. Je ne vis pas dans la misère, mais il faut bien admettre que vivre seule avec son enfant, sans les aides, je n’y arriverais pas. Bref, c’était une petite parenthèse.
— Bon, tous les deux, au boulot. Enfin, si vous êtes d’accord avec l’idée de changer provisoirement de patron ? Mademoiselle, c’est l’occasion de vous mettre au travail. Vous ferez équipe avec Roman et lui ferez visiter les futurs sites où nous envisageons de construire des tours plus hautes que celles déjà présentes. Nous partons à la conquête de Lyon.
Pourquoi est-ce que je ne lui explique pas tout simplement que je bosse comme une tarée et que la blonde (dont il doit savoir si elle simule sa blondeur ou non), n’en glande pas une ? Car, je l’ai déjà dit, elle est INTOUCHABLE et pourtant oui, ce mot devrait être son antonyme ! Je dois pourtant me défendre, il est hors de questions de passer pour une glandouilleuse :
— Avec tout le respect que je vous dois (la revoilà, celle-là !), je n’ai aucunement à rougir du travail effectué. Je fais ce que j’ai à faire et plus encore, et je n’y suis pour rien si je suis la seule pour qui cette phrase soit valable en dehors de ce bureau.
Et BAM ! Ah, mais ! Seulement l’intouchable valide mes affirmations sans le savoir :
— Ne poussez pas trop ma patience, mademoiselle. Ou vous en subirez les conséquences...
Blaireau 2e du nom intervient, m’empêchant ainsi de dire une connerie plus grosse que moi.
— On y va. J’ai la liste de tous les sites. Mais avant, vu l’heure, je vous invite à déjeuner.
Alors, reprenons du début.
♥ J’insulte mon patron.
♥ J’insulte mon nouveau patron avant même qu’il ne le soit.
♥ Et je me retrouve invitée à déjeuner.
On m’explique ? Non, personne ?! OK, je tâcherai alors de trouver un sens à tout ça, toute seule.
Sous le regard dubitatif et interrogateur de ma chère et tendre collègue, nous sortons du bureau et rejoignons l’ascenseur. Encore sous le choc de ce que je viens de risquer et de tout ce qui vient de se dire, je ne remarque son regard lourd braqué sur moi, que deux étages en dessous. Et j’aboie tel un lévrier allemand apercevant le facteur avec un os à moelle :
— Quoi ?!
Vui, j’aboie. Plus fort que moi. Il a un regard de prédateur, je me sens comme un escargot naturiste. Un sourire éclaire son visage avant de disparaître brutalement.
— Rien. Vous n’êtes pas banale.
— C’est-à-dire ?
À ce stade, ses mots, sa bouche, ses yeux m’attirent et m’enflamment. Sauf que tout son être m’agace. Un peu comme un bonbon à la liqueur, mais genre le chocolat parfumé à l’eau de Cologne. Non, mais je dis n’importe quoi, hein. Bref, vous m’avez comprise : il est attirant, oui, mais ce qu’il est dedans me gonfle.
— Non. Rien.
Garage niveau -2 atteint. Pas un mot supplémentaire échangé. Ambiance arctique bonjour. Il sort une clef, appuie dessus, un bip se fait entendre et des feux clignotent. Une voiture x ou y, (pour ceux qui y connaissent quelque chose, elle est rouge) s’éclaire et nous voilà devant elle.
— Elle en jette, hein ?
Je lui jette un coup d’œil, pas certaine d’avoir compris son enthousiasme :
— Pardon ?
— La caisse...
— Oh, vous savez, moi et les voitures...
Sans relever son regard indigné au vu de mon indifférence totale pour sa boîte de sardines à quatre roues, qui j’en suis sûre, coûte cinquante ans de salaire, je monte à bord, lui également. On se croirait dans un musée. Non, mais c’est vrai... Je ne prends pas la voiture pour aller au boulot, mais le métro. J’habite dans le quartier du Tonkin à Villeurbanne[20], alors je me rends à Charpennes (Lyon) à pied, puis prends le métro jusqu’à Part-Dieu. Ou le tram, selon mon humeur du jour, c’est idem. Baste, ma voiture est loin de ressembler à la sienne de dedans… voire de dehors, d’ailleurs. Ma maison s’y trouve rangée en bordel, et là... pas une miette. Genre, le monsieur propre de la caisse automobile. Ça fait... flipper.
Le voilà à vouloir me reparler. À chaque fois qu’il ouvre la bouche, mon cœur tape dans ma poitrine et le centre de la colère de mon cerveau s’anime : attention, attention, il va t’en sortir une !
— Vous n’êtes pas très bavarde, en dehors des insultes...
Qu’est-ce que je disais... Je soupire longuement et rétorque d’un ton mi-aigri mi-vieille-fille sur le retour :
— Je parle quand j’ai quelque chose à dire.
— Et là, visiblement, vous n’avez rien à dire.
— Visiblement, non.
Il sourit, de ce que j’en sais, laissant échapper un petit souffle bien reconnaissable, puis conduit sans me reparler durant les quinze minutes restantes avant d’arriver à destination. Selon ses dires.
Je sens qu’on va encore bien se marrer, moi !
[1] Et je ne parle pas de chauffage, là !
[2] Non, pas de fautes de frappes. Ioups. C’est un oups avec un i
[3] Vous avez compté le nombre d’espèce cités ? Je suis perdue !
[4] Dire que ce n’était même pas voulu ce petit jeu des animaux ! Promis, juré !
[5] Héhéhé, j’aurais un truc à dire là, mais je me tais !
[6] Et de deux en plus !
[7] L’auteure, par contre… Mais je m’égare, je vous embrouille, et c’est voulu.
[8] Oui, j’adorais cette série à l’époque. Pas vous ?
[9] La fameuse journée où tout le monde autour de soi commence sérieusement à nous hérisser le poil pubien.
[10] Des steaks avec des os, on dirait…
[11] Merde, quoi, mais en plus guindée. C’est la merde qui se veut latine bourgeoise.
[12] Ce qui est dingue, c’est que je ne fais même pas exprès !
[13] Une seule burne chaude, car je suspecte la seconde d’avoir été aspirée par le carnassier.
[14] Avec le recul, cette expression me semble un peu... ouais, voilà... Elle veut fermer sa bouche ! Voyons !
[15] Je ne vois pas pourquoi nous ne devrions garder que les cochons ensemble, cela me semble un peu sectaire comme expression. Et quand j’y pense, j’aurais pu ajouter pas mal d’espèces animales là, mais ça se serait vu…
[16] Dans le futur. À côté de ça, j’ai pour ambition de réécrire le dico, un peu trop chiant à mon goût. C’est vrai, pourquoi s’enquiquiner à chercher des mots existants, on se comprend très bien comme ça. Il n’y a d’ailleurs pas encore de loi stipulant qu’il est interdit d’inventer des mots. Je profite donc !
[17] Si. Si. Vous connaissez, sinon je vous laisse taper sur google, ce dessin-animé, je ne peuxxxxxxxxxx pas. C’est allergique.
[18] Oui, j’ai une enfant de dix ans, je rappelle, j’essaie de diminuer mes grossièretés.
[19] Oups, bon, ma fille n’entend pas, là.
[20] Limitrophe de Lyon. D’ailleurs pour y avoir aussi habité (ohhhhh qu’est-ce que ma propre vie inspire mes romans, dites donc !), je peux dire que c’était bien pratique. Tout accessible à pieds.
Il est ici :



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